Production : Peter HYAMS
Scénario : Peter HYAMS
Avec : Roy SCHEIDER, Helen MIRREN, John LITHGOW, Bob BALABAN, Keir DULLEA, Douglas RAIN, Madolyn SMITH, Elya BASKIN...
Année de production : 1984
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Durée : 1h56
Public : Tous publics
Histoire : Après que HAL 9000, l'ordinateur meutrier, ait tué tout l'équipage du Discovery, une équipe d'astronautes russes et américains tente de retrouver le vaisseau spatial fantôme, pendant que sur la Terre, une guerre nucléaire menace. Arrivés près de Jupiter, ils retrouvent le Discovery en orbite autour de la planète, et décident de rebrancher HAL afin de connaître la vérité...
+ + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + +
Critique : Il y a deux manières de réagir en lisant le scénario de 2010 : la manière forte et la manière calme. La manière forte, ce serait de boycotter ce genre de produit mercantile et totalement dénué d'intérêt, ayant pour seul objectif de dénaturer l'esprit d'une oeuvre cinématographique hautement célébrée. La manière calme, ce serait au contraire de raisonner normalement et de chercher l'origine d'un projet aussi farfelu. Il faut bien l'admettre : autant le pari de prendre la suite d'un cinéaste aussi surdoué que Kubrick sonne comme un suicide artistique, autant l'idée de réaliser la suite de 2001, L'ODYSSEE DE L'ESPACE a tout du projet cinématographique proprement insensé. Quand bien même on sait que ce film continue encore à déchaîner les passions et à susciter de profondes réflexions, on cherche encore l'intérêt d'une séquelle improbable où l'imminence d'une vérité établie viendrait boucler la boucle et, du coup, anéantirait tout pouvoir de fascination. Qu'on se rassure, ce n'est pas le cas : 2010 est une suite finalement assez honorable, certes superflue sur de nombreux points, mais qui présente un nouveau point de vue sur l'univers d'Arthur C. Clarke.
Artisan talentueux du cinéma de science-fiction (TIMECOP, CAPRICORNE ONE), Peter Hyams prend donc le relais en adaptant le second volet de la saga de Clarke, initiée au cinéma par Stanley Kubrick. Très conscient de la gageure que représente un tel projet, Hyams ne calque pas sa mise en scène sur celle de Kubrick, mais garde néanmoins l'intérêt du cinéaste pour le réalisme à tout prix. D'une grande beauté esthétique, 2010 se place d'emblée du côté de la fable et du blockbuster à vocation métaphysique. Pas de musique classique ou d'envolées angoissantes de Ligeti, pas de dialogues minimisés, juste une abstraction uniquement représentée par le monolithe et un scénario captivant, interrogeant la place de l'homme dans l'univers. Le film fait également ressurgir le spectre de la Guerre Froide, cette tension entre Etats-Unis et Russie, et en fait l'un des enjeux majeurs de son récit. En cela, 2010 apparaît comme un film très différent de l'original, mais dont le discours humaniste se veut une sorte de rupture dans la continuité avec la maestria kubrickienne. On regrettera avant tout que ce discours aboutisse à un final certes très beau mais simpliste, et on pourra gueuler ardemment contre Hyams pour avoir révélé la vérité sur le dérèglement de HAL 9000 (l'hypothèse proposée est assez bêta, d'ailleurs), le film restera malgré tout une curiosité dont l'intérêt fluctuera en fonction de son spectateur.
Note : @@
