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Bon, d'accord, Leos Carax nous a livré un objet filmique franchement jouissif en la présence de son moyen-métrage du collectif TOKYO (voir critique ci-dessus) tout en dévoilant un certain talent pour le portnawak punkoïde et nihiliste. Mais il vaut mieux arrêter là les dithyrambes et ne pas trop se fier aux apparences, puisque ce cinéaste reste l'un des auteurs les plus maudits du cinoche français, ce qui n'est pas forcément un compliment, loin s'en faut. Et le pire, c'est qu'il s'en vante, ce qui lui vaut l'admiration des critiques bobos qui y voient l'incarnation du cinéaste dépressif (et donc forcément génial). On en rigole encore. Véritable Godard de supérette, Carax n'a pourtant jamais su être autre chose qu'un auteur creux, transportant son inanité filmique dans des drames ostentatoires qui semblaient réalisés par un adolescent capricieux et dépressif. Leos Carax serait-il le Vincent Gallo hexagonal ? C'est fort probable. Or, depuis l'échec des AMANTS DU PONT-NEUF, le bonhomme n'avait pas tourné un seul film, et ça nous gênait pas plus que ça. Mais la sortie en l'an 2000 de ce véritable supplice sur pellicule qu'est POLA X aura changé la donne. Carax, lui, n'a pas changé du tout. Son style, non plus.
Inutile de mettre des lunettes ou de se mettre en conditionnement pour ne pas s'apercevoir, au bout d'un petit quart d'heure, que ce quatrième film du mal-aimé Carax se vautre dans un auteurisme proprement insupportable. Hormis une certaine virtuosité pour filmer des plans-séquences, aucune mise en scène ne vient contrebalancer le degré d'ennui qui nous envahit. Laissant tourner sa caméra pendant la pause déjeuner avec un cameraman sous Prozac, le triste sire Carax nous conte l'histoire d'un jeune bourgeois découvrant l'existence d'une demi-soeur cachée, ce qui le pousse à dire adieu à sa vie ennuyeuse et à virer clodo pour découvrir la vérité sur son passé. Beau programme pour un cinéaste très attaché à la figure du mal-aimé, de l'anti-conformiste qui se vautre dans la glauquitude et la dépression pour trouver un sens à son existence. L'image a beau être très éloignée du conformisme bien-pensant, elle n'en reste pas moins ostentatoire et dégueulasse. Et c'est le regretté Guillaume Depardieu qui se voit chargé d'endosser le rôle de ce riche devenu pauvre par amour (incestueux ?) pour sa demi-soeur. Comme le cinéaste n'arrive jamais à sublimer son éloge du mal-être, les 2h15 du film nous paraissent vite interminables. Parce que POLA X, c'est chiant, mais c'est surtout sans âme. Carax souhaitait-il qu'on le plaigne d'être un cinéaste mal-aimé ? Le film serait-il autobiographique ? Y avait-il quelque chose à tirer de ce film ? Honnêtement, on s'en fout.
Note : @
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France/Suisse/Allemagne – 1999 – Réalisation : Leos Carax – Production : Albert Prévost, Bruno Pésery, Ruth Waldburger – Scénario : Leos Carax, Jean-Pol Fargeau, Lauren Sedofsky – Acteurs : Guillaume Depardieu, Katerina Golubeva, Catherine Deneuve, Delphine Chuillot, Petruta Catana, Laurent Lucas, Patachou, Mihaella Silaghi, Mathias Mlekuz, Samuel Dupuy... – Drame – 2h15 – Interdit aux moins de 12 ans
